Éloge du saule
Dynastie Tang・Wu Rong
Dynastie Tang・Wu Rong
自与莺为地,不教花作媒。细应和雨断,轻只爱风裁。 De lui-même, il offre un refuge au loriot, sans demander aux fleurs de servir d’entremetteuses. Ses fins rameaux semblent devoir se rompre avec la pluie ; légers, ils n’aiment que la taille du vent.
好拂锦步障,莫遮铜雀台。灞陵千万树,日暮别离回。 Effleurez donc les écrans de brocart, sans voiler la terrasse de l’Oiseau de bronze. Parmi les milliers d’arbres de Baling, au crépuscule, on revient après les adieux.
Le contenu de l’animation conserve la version originale chinoise.
L’animation est prête.
Le saule offre de lui-même un refuge aux loriots, sans avoir besoin que les fleurs le présentent. Ses longs rameaux fins semblent pouvoir se rompre avec les fils de pluie ; sa silhouette souple aime surtout se laisser façonner par le vent. Tu es fait pour effleurer les somptueux paravents de brocart, mais ne cache pas la vue depuis la terrasse des Moineaux de bronze. À Baling, les milliers de saules accompagnent, au soleil couchant, ceux qui reviennent après avoir fait leurs adieux.
为地 : offrir un lieu où se poser. 作媒 : présenter, servir d’intermédiaire. 和雨 : accompagné de pluie fine. 裁 : tailler, découper ; décrit ici l’action du vent sur les rameaux de saule.
锦步障 : écran de brocart protégeant du vent et de la poussière lors des déplacements ; il représente aussi le mode de vie des familles nobles. 铜雀台 : terrasse du Moineau de bronze construite par Cao Cao, souvent associée dans la littérature ultérieure aux femmes du palais qui scrutent le lointain et pensent à un absent.
灞陵 : lieu d’adieux situé à l’est de Chang’an, associé à la tradition d’offrir une branche de saule au départ. 别离回 : revenir après avoir accompagné quelqu’un pour lui dire adieu.
Présentation : Wu Rong évoque le saule à travers des associations avec le loriot, le vent et la pluie, les écrans de brocart, la terrasse du Moineau de bronze et Baling. Le centre du poème passe progressivement de la finesse légère des rameaux à la place du saule dans la vie humaine et dans le souvenir des séparations.
La première moitié ne loue pas directement la couleur du saule : elle montre son attrait et sa souplesse par les loriots qui viennent s’y poser et par le vent et la pluie mêlés à ses branches. « 不教 », « ne pas laisser », lui donne une légère nuance d’autosuffisance.
La seconde moitié déplace le regard des tentures des riches demeures vers les adieux au couchant. À la fin, les milliers de saules se réunissent en un vaste arrière-plan ; le chant de l’objet rejoint ainsi l’expérience affective humaine, et les branches légères prennent le poids de la douleur des séparations.
Du poème, entrez dans l’histoire
Liu Niang sait vendre trois fois la même branche de saule ; à l’entrée du pont de Ba, les bénédictions ont toujours été son capital pour rembourser ses dettes. Un riche client de la capitale propose vingt taëls pour déterrer les racines du vieux saule derrière sa boutique ; si cette affaire aboutit, elle pourra solder les dettes laissées par son père. Elle encaisse l’acompte et attend une journée claire pour donner les premiers coups de hache, mais un vieillard boiteux s’interpose devant l’arbre. À la nuit tombée, une portion du terrain derrière la boutique s’effondre, et un mince bruit d’eau monte du sous-sol.
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